Aniseed kisses, lipstick traces, & lemonade sipped in belgian rooms — pas moins

Puisqu’on est dans une séquence ‘retour de regrettés évanouis des 90s’, n’oublions pas Suede — on peut d’ailleurs en espérer à la fois moins et (donc) plus que MBV. Une absence bien moins longue, certes — moins de dix ans : une broutille — ; un nouvel album, Bloodsports, où a priori rien ne changera puisque Brett Anderson le présente en disant qu’il « sonnera comme du Suede », « entre Dog Man Star et Coming up »  — mais à Suede, avouons-le, c’est exactement ce qu’on leur demande —, annoncé pour le 18 mars, et un premier extrait diffusé sur le net (et téléchargeable gratuitement sur le site du groupe : http://www.suede.co.uk ) début janvier — pas un single, disent-ils (attention : nuance) —, mais suffisamment représentatif de l’album pour être sorti en avant-première : Barriers.

Le coup habituel — première écoute : oui, un peu décevant quand même, non ? ; deuxième écoute : allez, je le remets encore une fois ; troisième écoute : d’accord c’est pas super terrible mais je l’ai dans la tête et tiens si je le repassais une fois encore ; et hop c’est parti…

Et puis, qui d’autre que Brett Anderson osera jamais écrire et chanter sans honte des phrases comme « When you broke they were there with glue », franchement ?

« Lipstick traces » — l’imagerie andersonnienne éternelle est toujours là ; « aniseed kisses » ou « lemonades sipped in belgian rooms » — il n’y a vraiment que lui pour chanter des trucs comme ça ; « … couldn’t replace the graceful notion that clung to me when i clung to you » + le refrain « Will they ever love you the way I loved you » + « But the heart is a lonely hunter [oh, les titres d’œuvres littéraires citées comme un chanteur de rock qui se respecte — c’est-à-dire comme quelqu’un qui peut déclarer plein d’affirmation : « je viens de découvrir L’Etranger de Camus, ça inspire beaucoup mon écriture ; vous savez l’écriture pour moi c’est de la poésie, etc »], it trapped you once and it will trap you again » — c’est clair, on a compris, c’est un retour qu’il s’agit de chanter ici — mais non, on ne vous a pas oublié…

(Je donne l’impression de me moquer, mais non non. Comme je le répondais à quelqu’un qui m’avait un jour charrié sur les paroles — oui, c’est vrai, très raz du plancher — de Trash (« We’re tra-a-a-sh, you & me, we’re the litter on the breeze, we’re the lovers in the streets… ») : prenez les Beatles, qu’est-ce qu’ils font d’autres quand ils chantent à tue-tête « Je veux tenir ta main-ain-ain, je veux tenir ta main », hein ?)

Allez oui, « We jumped over the barriers« , eh bien c’est clair, on re-jumpera dès les prochains concerts. Car s’il y a bien eu une bonne surprise dans les concerts de reformation de ces dernières années, c’est bien le concert de Suede à l’Elysée Montmartre fin 2010, d’une énergie qu’on n’osait pas espérer, et ce d’entrée de jeu, dès les premiers accords et les premières chansons enchaînées sans le moindre répit — souvenons-nous, allez…

Une autre bonne nouvelle de ce nouvel album à venir, c’est aussi qu’il est produit par Ed Buller, lui aussi de retour : le producteur des trois premiers albums de Suede, c’est-à-dire celui qui a réussi à porter les guitares de Dog Man Star (oui, Bernard Butler devait y être aussi pour quelque chose, mais quand même), par exemple, à un degré de puissance rare (la vieille méthode Bowie : reproduire plusieurs fois la même piste et mixer les pistes similaires ensemble, pour densifier le son), celui aussi qui a aussi su donner un même type de puissance aux claviers (!) du His n’ Hers de Pulp, entre autres — qui revient ainsi, lui aussi, après quelques années de disparition (passées à apprendre la composition, semble-t-il). Si les premiers signes de Bloodsports semblent annoncer un album tout de même plus classiquement léché, le coup, sur Barriers, de monter le volume du refrain par rapport aux couplets, histoire qu’il surgisse bien dans la tête n’est certainement pas survenu par mégarde…

Et le premier single vient tout juste de sortir : It Starts And Ends With You. Juste eu le temps d’une écoute, alors (voir plus haut le principe dit du « coup habituel »)… encore une ou deux et on sera fixé…

PS : Tellement de retours d’anciens ces temps-ci… Manquerait plus que Bowie sorte une chanson et annonce un album, tiens…

Hein ? Quoi ?

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2 réflexions au sujet de « Aniseed kisses, lipstick traces, & lemonade sipped in belgian rooms — pas moins »

  1. Ping : For the strangers (Suede : Bloodsports en écoute intégrale) | coup fantôme

  2. Ping : Concerts, dès demain et pour l’automne (Fuck Buttons, Nick Cave, suede, The National) | coup fantôme

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