(Deux) garçon(s) au pouls lent [& +]

En guise de retour sur le superbe concert d’And Also The Trees — simple et intense, avec en particulier des versions parfaitement appropriées pour la scène et fluides des chansons du dernier album, Hunter Not The Hunted (le groupe a ainsi commencé le concert par « What’s Lost Found« , et livré de fines versions de « Rip Ridge » ou « Bloodline », entre autres), ou le bonheur de réentendre « Shantell « ou même … « The House of the Heart« —   au point Ephémère le 3 mai dernier, une vidéo du classique parmi les classiques, qui a clôturé en dernier rappel : « Slow Pulse Boy »

( Pour les curieux, la play list : What’s Lost Found — Maps in her wrists and arms — Hunter not the hunted — Only — Angel, devil, man and beast — The legend of Mucklow — He walked through the dew — A room lives in Lucy — Paradiso — Rip ridge — Burn down this town — Shantell — Dialogue — Rive droite ; + The house of the heart — Bloodline — Belief in the rose — Virus Meadow ; + Slow pulse boy )

(Sachez également que le concert de Rennes de cette même tournée est en vidéo sur you tube, par petits bouts d’une quinzaine de minutes, en intégralité et de bonne qualité : je poste la première vidéo ci-dessous : vous aurez ainsi, entre autres, la bonne surprise d’un début avec « What’s Lost found« , et aussi, après « Hunter not the hunted » l’occasion d’entendre une version, rapide, de « Shaletown« , pas jouée à Paris :

ou, plus loin, « Rip Ridge« , « Burn Down This Town » et « A Room Lives in Lucy » :

et vous pourrez naviguer à partir de celles-ci pour enchaîner les suivantes.)

 

Et cette vidéo est l’occasion d’en convoquer une autre, plus ancienne — plus de 25 ans la sépare de celle du Point Ephémère ! — mais resurgie il n’y a pas si longtemps sur youtube : celle qui correspond à l’enregistrement audio du concert au club « La Dolce Vita » à Lausanne en 1986, qui a été publié en vinyl puis réédité en CD (les deux malheureusement épuisés) sous le titre The Evening of the 24th : album live publié juste après le second album studio, Virus Meadow tant le groupe (Simon Huw Jones et Justin Jones, bien sûr, et alors Steven Burrows à la basse et Nick Havas à la batterie, là où désormais celles-ci sont assumées par Ian Jenkins et Paul Hill, auxquels s’ajoute Emer Brizzolara au dulcimer) tenait à rendre compte de l’énergie et de l’intensité de leurs performances en concert, autre que la beauté froide (je parle de Virus Meadow) des enregistrements studio.

Très troublant de découvrir cette vidéo, après avoir tellement écouté (comme beaucoup d’autres, je suppose) l’enregistrement audio du concert, tant cette version de « Slow Pulse Boy » est devenue la version de référence — plus encore que celle, à la linéarité froide et inexorable, de la version album donc (d’ailleurs, pour leur compilation 1980-2005, c’est cette version que les « Trees » avaient choisie) — avec son intensité, la tension de plus en plus perceptible dans (la guitare de Justin et) le récit/chant de Simon Huw Jones, dont on sent à l’écoute qu’elle investit graduellement son corps ; et de constater, lorsqu’on le voit, le statisme de Simon Huw Jones, rivé et accroché à son micro, droit et le regard comme reclos tout en étant perçant et pointé sur le public (ou le lointain…) : l’intensité gagnant en effet sa voix et son corps, mais sans se traduire dans les mouvements du corps, en une sorte de concentration/condensation singulière — certains cramponnages de micro supposés tandis que la caméra est sur Justin et le relâchement final le faisant s’accroupir au pied du même micro trahissant cependant, en plus de sa condensation statique, la tension en question.

Cramponnages de micro et concentration intérieure qui ne sont pas si loin de ses performances d’aujourd’hui, ceci dit : les formes de son expression se sont assouplies — le regard, les yeux plus souvent fermés, le corps un peu plus mouvant, le rapport au micro, comme le visage lui-même d’ailleurs — mais c’est bien la même tension centrée sur l’intériorité qui innerve et nourrit le récit (on pourrait presque dire le monologue intérieur, mais ce n’est pas exactement le cas — quoique… — avec le récit de « Slow Pulse Boy » ; je pense à « Gone … Like The Swallows« , sur lequel il faudra revenir un jour…) : Simon Huw Jones, tellement peu communicatif et pourtant si transmetteur des images intérieures incarnées dans ses textes et suscitées et portées — à l’écriture et à l’enregistrement comme en live — par la musique ; intériorité s’extériorisant par exemple, dans la vidéo du Point éphémère, dans un léger mouvement de main, ou plus expressionnistement dans une saisie de pied de micro… (ou ailleurs dans une danse désarticulée, comme la vidéo live de « The untangled man« ) ; intensité concentrée sur l’intérieur pour faire revivre et passer à chaque fois une suite d’images revivifiées, revécues.

 

« Somewhere the blast furnace explodes / Plumes of amber in the night sky / Each explosion bounces / From horizon to horizon / From horizon… to horizon / And for a while, the slow pulse boy / Stood by the window / And let the fire sink into his skin // Again all was still / But for the empty tin / Rolling up and down a gutter / On the breeze // Then we were standing very close / I could live in the space / Between his heartbeats / Outside the  furnace erupts again / And dark red rivers / Filled our veins with frenzy // We could tear up the floors / And find all the things we’d ever lost // And the fire burns in our jack boots // So we chase the explosions / From horizon to horizon / Wrap ourselves around the distance / For as long as we can hold / Somewhere a girl is singing // There is calm in the air / But there is greater calm than I can bear // Tomorrow the sun shines » (S. H. Jones)

 

Bonus :

– Jamais 2 sans 3 : dans les classiques des captation vidéo de « Slow Pulse Boy« , il y a bien sûr aussi celle (plus rapide) filmée par Gaspar Claus lors du mémorable concert de 2007 à la Maroquinerie (tournée Rag and bone man) :

 

– Enfin, une excellente nouvelle : AATT repassera en France fin septembre pour trois concert, à Metz (Trinitaires, 27/09), Mâcon (Cave à musique, 28/09) et Montpellier (Guitar festival, 29/09).

http://www.andalsothetrees.co.uk

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3 réflexions au sujet de « (Deux) garçon(s) au pouls lent [& +] »

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