La jetée

Jetée 1 (Coup fantôme)

Jetée 4 (Coup fantôme)

( La jetée, c’était un peu comme la tombée. Un peu avant, ou un peu après, je ne sais plus.

Aller la voir ; souvent, lui dire au revoir.

Marcher sur le béton rongé, usé. S’avancer, déboucher, le poteau qui se dressait à son bout, légèrement et bizarrement décalé ; jusqu’à cet escalier et sa rampe qui s’enfonçaient dans l’eau (et, à marée basse, ne s’enfonçaient que dans le sable).

L’amarre était rouillée. Là pour amarrer quoi ? Je ne l’avais jamais vu servir. Amarre à vide, amarre de rien. Juste là, l’orangé de son attente — ou de son souvenir — avait déteint tout autour d’elle.

L’année suivante, la jetée avait été refaite, le sol lissé ; les escaliers avaient disparu, ils ne descendaient plus vers l’eau verte ; elle débouchait sur un à-pic que plus rien ne léchait. )

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