Spiderman, we no who u r (Nick Cave, Route du rock, 15/08/13)

Bon, bien sûr, on s’en doute un peu à l’avance ; on l’espère, même, on est venu pour ça. Mais au vu de la beauté apaisée (ça fait 20 ans que l’on déclare tel ou tel album de Nick Cave plus apaisé que les précédents) de Push the sky away, de la part du silence et de la mélancolie dans cet excellent nouvel album, on ne s’attend pas à ce que cela vienne si vite. We no who u r pour ouvrir le concert, se poser, bien droit et déjà bien en mouvement sur ses grandes jambes ; et puis, sans attendre, c’est ce Jubilee street et cette montée de tension et de rythme : là, de l’intérieur de l’évolution de ce morceau, on sait — que le concert sera incroyable, chargé de tension jusqu’à la fin, électrique. Qu’on gardera les yeux fixés sur les déplacements et les balancements de Nick Cave (des barrières du public au piano, du piano à un bout et à l’autre de la scène, des barrières du public de face aux mains du public de côté, etc.), et les oreilles rivées sur sa voix, sur ses récits, traversées simultanément des mille manières différentes de faire sortir des sons d’un violon de Warren Ellis. Après la montée progressive et la décharge finale de ce Jubilee Street, Nick Cave pourra passer aussitôt au traditionnel « Listen… I wanna tell you about a girl… » et les Bad Seeds entamer les martèlements puissants de From her to eternity… Intensité permanente dans un parcours d’1h10 au mouvement fluctuant : décharges, retour au calme avec Mermaids et Love letter, remontée via le cheminement d’un impressionnant Higgs Boson Blues, fin doucement abandonnée à la nuit sur Push the sky awaySaint-Malo, Route du rock, 15 août ’13 (quel meilleur moyen de fêter l’assomption de la vierge Marie, n’est-il pas ?), juste après la tombée de la nuit : Nick Cave fut encore une fois inqualifiable de présence, d’énergie et d’intensité.

Setlist: We No Who U R – Jubilee Street – From Her To Eternity – Tupelo – Deanna – Mermaids – Love Letter – Higgs Boson Blues – The Mercy Seat – Stagger Lee – Push The Sky Away

Ah oui : pourquoi ce titre soit stupide, soit énigmatique, nous direz-vous ? Alors qu’on aurait pu titrer plus simplement « Nick Cave, incroyable bête de scène », voire « Nick Cave, une découverte pour la jeune génération ? » (tout cela est vrai, puisque c’est Ouest France qui le dit). Tout simplement parce que l’envoyé spécial de coup fantôme n’avait jamais jusque là  remarqué combien Nick Cave, avec ses grandes pattes et sa manière de marcher-danser avec (pattes arrières/jambes et pattes avant/bras), pouvait faire penser à une araignée ; et avec son regard aussi, fixant sa proie (les premiers rangs du public) avant de se mettre à chanter et/ou d’avancer vers elle (c’est bien comme ça une araignée, non ? Non ?). Voilà. A moins que ce ne soit l’air (lointainement) marin et la puissance de ravissement du concert qui n’aient provoqué en lui une hallucination.

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3 réflexions au sujet de « Spiderman, we no who u r (Nick Cave, Route du rock, 15/08/13) »

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