Langues (langue diurne, langue nocturne, …)

« Je suis à la recherche d’une langue. Les hommes ont beaucoup de langues : celle dans laquelle on parle aux enfants, celle dans laquelle on parle d’amour… Et puis la langue dans laquelle nous nous parlons à nous-mêmes, celle dans laquelle nous nous tenons des conversations à nous-mêmes. Dans la rue, au travail, en voyage — partout, on entend autre chose, ce ne sont pas seulement les mots qui changent, c’est aussi quelque chose d’autre. Même le matin et le soir, un homme ne parle pas la même langue. Quant à ce qui se passe la nuit entre deux personnes, cela disparaît complètement de l’histoire. Nous avons affaire uniquement à l’histoire des hommes diurnes. Le suicide, c’est un thème nocturne, l’homme se trouve à la frontière de l’être et du néant. D’un état de rêve. »

Svetlana Alexievitch, La fin de l’homme rouge,

trad. S. Benech, Actes Sud, 2013, p. 23

cité dans le programme de Pulvérisés (d’Alexandra Badea, mise en scène Aurélia Guillet et Jacques Nichet, Théâtre National de Strasbourg, février 2014)

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