Comme si le rythme propre à cet espace en mouvement…

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Comme si le rythme propre à cet espace en mouvement continu était devenu son rythme naturel : son tempo, son cadre, son corps. Les vibrations étaient devenues imperceptibles car comme incorporées — l’air dans lequel elle se mouvait, l’eau dans lequel elle nageait sans plus sentir qu’elle nageait, ni même qu’elle était dans l’eau. De multiples soubresauts avaient sans doute depuis des temps modelé son dos, son squelette, redisposé ses muscles. Devant un miroir extérieur à cet espace, elle serait sans doute apparue légèrement brouillée, régulièrement déformée, à donner le vertige ou le tournis au miroir ; un tableau de Bacon sans l’expression du cri, juste ramené à un mouvement comme gratté, un continuum où l’explosion se serait perdue, oubliée dans les ondes de sa diffusion, un vibrato permanent, le geste d’une grisaille.

train CF 2 (952)

Elle s’allongea un peu pour faire un peu plus corps avec lui, comme on s’étend dans un bain, pour essayer de sentir dans tout son corps, et non seulement en un point (siège, épaules) d’où il se répandrait, ce milieu dont elle se rendait compte qu’il était désormais le sien ; pour se fondre avec cette lancée tout autant qu’avec ses frottements — car les vibrations n’étaient que la suite de petites résistances qui se rencontraient et s’exerçaient sur ce mouvement de transit ininterrompu.

Elle leva les yeux,

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vit au-dessus d’elle d’autres visages.

TRain CF 6b (951 - Version 2)Train CF 6d (947 - Version 2)

Train CF 6c (953 - Version 2)Train CF 6a (946 - Version 2)