Otto s’endort

Dans le documentaire de Christoph Ruter, Klaus Michael Grüber, l’homme de passage, Otto Sander raconte comment il s’était un jour endormi en répétition et comment Grüber ne l’avait pas réveillé mais avait attendu qu’il le fasse lui-même ; ouvrant les yeux, il avait vu le metteur en scène à côté de lui et qui, loin de lui faire le moindre reproche, lui avait demandé « Alors, c’était comment ? Tu as bien dormi ? »…

Sander y dit aussi : « Comment faire abstraction de soi-même face à un public? Je n’oublierai jamais la réponse de Grüber : “ Imagine la Sardaigne, des champs de blé doré, le soleil rougeoyant se couchant lentement sur ces champs. Voilà comment tu dois jouer. ”  »

Hier, à 72 ans, le grand comédien grubero-steino-wenderso-etbiendautriens s’est endormi pour sans doute un peu trop longtemps, dans des champs de l’autre côté du soleil rougeoyant.

Otto Sander dans Les Ailes du désir

 

Bonus ! : Otto Sander avec Nick Cave (dans les mêmes Ailes du désir) (la vidéo de Sander regardant Cave en concert chanter From Her to Eternity est postée dans les commentaires) :

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[subjectivité/société/marginalité/histoire — K.M. Grüber]

Citation

 » Moi, je suis pour le maximum de subjectivité, mais il faut s’entendre sur les mots. Je parle des Kleist, des Lenz, de ces fous dont la subjectivité est tellement énorme qu’elle en devient historique. Cela dépend des époques, mais il y en a certaines où la société rejette tant de gens qu’on ne peut vraiment la comprendre qu’en étant marginal. Il y a, dans l’histoire, une relation entre la société et la maladie mentale. La folie de Kleist est l’une de ces failles par lesquelles passe l’histoire. « 

Klaus Michael Grüber, entretien à propos de son spectacle Faust-Salpêtrière (propos recueillis par Y. Davis, M. Raoul-Davis et B. Sobel), Théâtre/Public n° 5-6 (1975)