Sheda / Niangouna / par Maïsetti

Arnaud Maïsetti a posté sur son site (et sur thtr.fr) un beau texte sur Sheda, de Dieudonné Niangouna, auquel vous pouvez accéder par le lien (en bleu) suivant :

Arnaud Maisetti, « Dieudonné Niangouna | Sheda, danse avec le diable »

Un beau retour sur Sheda, beau et fort spectacle que Dieudonné Niangouna a présenté à la carrière de Boulbon il y a quelques jours au Festival d’Avignon ; de ces spectacles dont la profusion et le chaos nous emportent au final dans une traversée qui nous « décolle » et dans lequel on se met peu à peu à circuler à sa guise ; meilleure réponse possible aux conneries qu’on a pu entendre au sujet de ce spectacle à certaines occasions (je pense à un « Masque et la plume » profondément honteux, où nos braves « critiques » déploraient que le spectacle fasse son taf — fasse un spectacle, son spectacle — plutôt que leur expliquer pédagogiquement la situation politique de « l’Afrique » — vous savez ce continent un peu spécial…). Oui, Sheda est un spectacle trop long, trop profus, où on se perd si l’on cherche une fable et une démonstration pédagogique pour « oh, je voudrais bien que les Africains daignent m’expliquer leur condition de pauvre sous-développés » ; oui, Sheda est trop long, trop profus, trop singulier, trop irrégulier — c’est sa poésie (pour le dire en termes assimilables) ; non, si on reste jusqu’à la fin, on s’en prend plein la figure sur, justement, notre rapport d’occidentaux condescendants ; mais cette profusion, cette bâtardise et cette inégalité même, c’est justement la spécificité de l’esthétique de Niangouna, et c’est d’accepter de s’y perdre pour y être saisi par des points brûlants qui fait justement sa force. Et avec l’intelligence d’apporter Brazzaville dans la carrière de Boulbon sans que ce soit, justement, Brazzaville ou sa pseudo-réplique (théâtre, théâtre….) ; en nous renvoyant justement un reflet autre que le reflet factice qu’on (certains) pouvai(en)t attendre ; une traversée, dans laquelle on glissait et basculait, comme entre veille et sommeil, dans l’espace où le mythe et la confusion racontent quelque chose d’essentiel de là d’où Niangouna parle, produit son geste — tout erratique qu’il puisse paraître, dans son errance au long cours même, et son temps singulier ; c’est justement dans cette confusion et cette urgence que le geste tire son origine —, où l’on se rend compte par moments que derrière le mythe et le conte qui nous semblent lointains le réel nous revient à la figure bien plus directement que l’on aurait cru. Et que l’on est entré sans que la porte ne nous ait jamais été indiquée précisément dans un espace-temps poétique singulier et chargé.

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